Lors d’un point de presse tenu jeudi 10 septembre à Bunia, il a notamment évoqué la progression du nombre de cas entre mai et juin, estimant que plusieurs cas n’avaient pas été détectés à temps.
"il y a eu un problème sérieux dans le suivi des cas contacts dès le départ. Le 15 mai, il y avait 8 cas mais au 15 juin, on avait déjà dépassé 700 cas. Mais, 8 cas ne pouvait pas avoir des ramifications de 740 cas, sûrement, il y avait beaucoup de cas ignorés. Le virus circulait déjà parmi la population mais le système de santé n'a pas pu détecter cela à temps. On est en train de penser que l'épidémie remonterait au mois de janvier, au mois de février. Il faut le dire clairement,
il y a eu une défaillance dans la surveillance épidémiologique parce que le système de santé est très bien organisé de telle sorte que s'il y a un cas suspect d'une maladie dont on ne connait pas l'origine, ce cas remonte jusqu'au ministère de la santé. Il y a eu défaillance et pour cela les responsables doivent être sanctionnés. Ils ne vont pas s'en tirer comme ça", a déclaré Gratien Iracan.
Le député met également en cause certains médecins chefs de zone, accusés de ne pas résider dans leurs zones d’affectation et de ne pas assurer correctement le suivi sanitaire sur le terrain.
"Il faut changer des médecins qui sont dans les zones de santé. Il y a de ceux qui ne savent plus faire leur travail normalement, il y a des médecins qui sont devenus des chefs coutumiers. Au lieu de surveiller leur zone de santé, ils sont dans autres choses. Il y a même des médecins qui ne résident plus dans les zones de santé où ils sont affectés. Vous trouvez quelqu'un qui est dans une zone x mais il réside à Bunia, il ne circule même pas dans sa zone, il ne sait même pas ce qui se passe sans sa zone, il n'est même pas en collaboration avec son infirmier titulaire. Et la conséquence est qu'on a perdu plus de 3.000 ituriens suite à la négligence. Ça, ce n' est pas normal, on doit changer les choses", a-t-il déploré.
Gratien Iracan appelle ainsi à des sanctions contre les responsables qu’il estime défaillants et à une réorganisation de la gestion des zones de santé.
La situation reste préoccupante en Ituri, qui demeure l’épicentre de l’épidémie. Selon les dernières données disponibles, la RDC comptait 7 022 cas confirmés et 3 398 décès, avec plus de 5 400 cas enregistrés en Ituri.
Séraphin Banangana
Résilience Info / MCP, via mediacongo.net
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